PUR | Collection | Pour une rose #Poésie

Je suis en mer | #06

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Je suis en mer | #06

Même si ma mort est italienne,
Dans ces montagnes si loin perdues,
Où je te perds, où tu t’éloignes,
Prairies sifflantes à mes oreilles.

Et d’acouphènes en acouphènes,
D’allées et venues si macabres,
Fuyant tel l’animal blessé,
Cherchant l’endroit où se terrer.

Moi je m’en vais, brodant du mal,
Portant ma chair en moi blessée,
De tout mon être, de tout mon mal,
Cicatrisant plaies et péchés.

Et je te vois, toi si souillée,
Que non plus rien, ô plus jamais,
De toi ma belle, ne saurait faire,
Ces deux coeurs-là, s’entrelacer.

Et sur ta bouche, non respectée,
Coulant à flots, ce bien-aimé,
De cet amour que l’on invente,
Quand ne pas voir est le secret,
Celui qui ronge, celui qui cache,
Ton si beau coeur, à tout jamais.

Mais ne crois pas, ô non ma belle,
Ne crois donc pas, ô toi qui sais,
Malgré ma peine, et mes regrets,
Qu’à ce déni, j’adhérerai.

Je suis en mer, calme et tranquille,
Parfois sur terre, mais sur mon île,
Et cette mer qui va qui vient,
Oui cette mer nous tient la main.

Patrice Bailly | À Léo Ferré