Important !

Comment aborder un échange avec Patrice lors d’un atelier. 

Je vous invite, à venir aux ateliers, que ce soit en individuel ou en groupe pour questionner, trouver la vérité, qui vous êtes. J’ai, pour vous aider dans cette démarche spirituelle, préparé un document contenant deux textes : 1. Texte | Avant de venir suivi d’extraits de Nisargadatta Maharaj et de Jean Klein. 2. Texte | Ne plus souffrir est possible ! Vous pouvez les télécharger, les lire ou les imprimer. Nous pourrons alors, de la lecture, passer à la pratique, à abandonner les mots pour des actes concrets.

Avant de venir…

Voici, à la suite de mon texte d’introduction, qui peut lui aussi être un moyen d’introspection, une sélection de citations de Nisargadatta Maharaj et des extraits de « La conscience et le monde » de Jean Klein que j’ai choisi et que je vous propose de lire dans le but que vous puissiez vérifier si ce qui est dit est clair pour vous. Voyez en tout premier lieu, si vous les comprenez, et ensuite si vous pouvez le mettre en pratique, les vivre ici et maintenant.

Lorsque ce qui est dit ici est intégré et mis en pratique, vous êtes alors en paix pour toujours, car vous n’êtes plus en paix suivant les conditions extérieures, mais c’est votre être, vous-même qui êtes en paix, cela est donc imperturbable.

Lorsque l’on est en cet état de paix, cela procure la joie ultime d’être libre de tout, non-attaché et non-né.

Dans le détachement, vous pouvez utiliser ce que vous n’êtes pas, corps, mental, émotions, sans que ce soit les objets qui vous utilisent.
C’est ce qui fait la différence entre un être éveillé et un autre, c’est qu’il sait qui il est, c’est la seule. C’est aussi pourquoi c’est le seul à pouvoir vous guider à qui vous êtes.

Le résultat, lorsque l’on ne sait pas qui l’on est, c’est que, nous prenant pour un « moi » qui n’existe pas, nous essayons d’agir sur l’être, en refusant, en désirant, en attendant, en espérant, en ayant peur de ceci ou de cela, alors que ce « moi » est faux. C’est toujours un échec, une souffrance, et la course après des fantômes, c’est une quête sans fin.

C’est le principe du développement personnel, de la psychologie. Nous réglons un problème, puis un autre arrive et ainsi de suite, sans jamais être en paix, car le problème principal est que « celui » qui fait tout ce travail n’est pas ce que vous êtes. Vous n’êtes simplement pas à la maison, pas chez vous, pas dans votre Soi et vous souffrez de le chercher avec le mental, au lieu de voir ce que vous êtes.

Alors que celui qui sait qui il est est à cet endroit qui ne peut pas s’illusionner car il est le témoin du tout.
Il voit clairement et ne peut pas désirer ce qui n’est pas, ni attendre ce qui ne vient pas ou n’est pas venu. C’est cela la sagesse.
Ce n’est pas une qualité, mais le résultat d’une illusion démasquée et détruite.

Bien des faux guides nous disent aujourd’hui que nous sommes la paix, qu’il n’y a rien à faire, que nous sommes l’amour, que tout est parfait et qu’il suffit juste d’être là sans effort. C’est totalement faux et dangereux.
La paix se mérite, il faut choisir d’être en paix, c’est à dire, se libérer de la peur et du désir. Ne pas discuter sur cela mais en finir. Si vous lisez un maître digne de ce nom, comme Nisargadatta, Ramana, Mâ Amanda Moyî, Krishnamurti, Etty Hillesum, Maître Eckhart, Kodo Sawaki, Rûmi, et bien d’autres encore, vous trouverez toujours cette action à mener. Il y a quelque chose à transformer, un abandon de soi. Maître Eckhart disait « trouve-toi et supprime-toi !, alors tu seras toujours avec Dieu, toujours ouvert, car rien n’est plus proche de Dieu que le silence. » Mais sachez (et c’est une bonne citation pour le questionnement) que si « je » reste silencieux et attend Dieu, alors ce sera l’échec. C’est « je » qui doit être abandonné.

Je vous propose donc quelques mots maintenant. Lisez-les doucement, un seul texte suffit par jour ou même pour plusieurs jours, voir plusieurs mois s’il le faut.

Voyez si vous comprenez bien, puis voyez si vous pouvez le mettre en pratique maintenant.

Si quelque chose n’est pas clair, notez la question ou les questions et venez éclairer cela avec moi alors.
Vous pourrez ainsi entendre le chemin de réponse et le faire par vous-même et vivre la réponse. Si vous ne le faites pas, alors nous recommencerons jusqu’à ce que vous puissiez faire ce chemin et vivre le résultat de la clarté.

Grâce à cette clarté que vous allez atteindre dans l’échange, petit à petit, grâce à votre patience, à votre détermination, vous pourrez vivre en paix, car vous allez éclairer ce qui demande à l’être en vous pour trouver votre vrai Moi, paisible, heureux, non affecté par le monde.

Le résultat de l’éveil, de la sagesse, c’est le détachement et la fin de la peur et des désirs, de la souffrance liée à « je ».

Ce n’est pas le mental qui vous y mènera, ce n’est qu’un objet, c’est Vous par votre compréhension de l’illusion « je ».

Bonne lecture, bon regard et à bientôt pour éclairer ensemble vos questions. Patrice

Citations de Nisargadatta Maharaj | « Ni Ceci, Ni Cela »

[ 1 ]

L’Éveil contient toute expérience. Mais celui qui est éveillé est au-delà de toute expérience.

[ 2 ]

Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas, trouvez ce que vous n’avez jamais perdu.

[ 3 ]

C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé. Vous n’avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

[ 4 ]

Vous êtes Dieu, mais vous ne le savez pas.

[ 5 ]

Quand vous ne demandez rien, ni au monde, ni à Dieu, quand vous ne désirez rien, ne cherchez rien, l’État Suprême vient à vous, sans que vous l’ayez invité ni attendu.

[ 6 ]

Renoncez à tout et vous gagnez tout.

[ 7 ]

Ce dont vous avez besoin se présentera à vous si vous ne désirez pas ce dont vous n’avez pas besoin.

[ 8 ]

N’être rien, ne rien posséder, ne rien garder pour soi-même, c’est le plus grand des dons, la générosité la plus élevée.

[ 9 ]

Qu’avez-vous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous ? L’attachement, c’est l’esclavage, le détachement, c’est la liberté. Désirer, c’est s’asservir.

[ 11 ]

La source de la conscience ne peut pas être un objet de la conscience. Connaître la source, c’est être la source. Quand vous réaliserez que vous n’êtes pas la personne mais le témoin, pur et tranquille, que la présence sans peur est votre être-même, vous serez l’être.

[ 12 ]

Pourquoi vous occupez-vous du monde avant de vous occuper de vous ? Vous voulez sauver le monde, n’est-ce pas ? Pouvez-vous sauver le monde avant de vous sauver vous-même ? Et que veut dire sauver ? Sauver de quoi ? De l’illusion. Le salut c’est de voir les choses telles qu’elles sont.

[ 13 ]

La maturité de l’esprit et du cœur est essentielle. Elle vient sans effort quand on a supprimé le principal obstacle – l’inattention, le manque de vigilance ; dans la conscience, vous vous développez.

[ 14 ]

Une braise incandescente que l’on fait tourner assez rapidement apparaît comme un cercle. Quand on arrête le mouvement, il reste la braise. De la même façon, le « je suis » en mouvement crée le monde. Le « je suis » pacifié devient l’absolu.

[ 15 ]

Prenez conscience de ce qui est inconscient.
Les désirs et les peurs sont les facteurs de distorsions et d’obscurcissement. Quand le mental s’en est libéré, ce qui est inconscient devient accessible.

[ 16 ]

Une fois que vous avez réalisé que la route est le but et que vous êtes toujours sur la route, non pour atteindre un but mais pour jouir de sa beauté et de sa sagesse, la vie cesse d’être un devoir et elle devient naturelle et simple, une extase en soi.

[ 17 ]

Pour aller au-delà du mental, il faut être silencieux et en paix.
L’unité libère, la liberté unit. Soyez dans l’unité avec vous-même et vous le serez avec tout.

[ 18 ]

Ce qui vous vient à chaque instant, sans que vous l’ayez demandé, vous vient de Dieu et vous aidera certainement si vous en faites plein usage. Ce n’est que ce pour quoi vous luttez, et qui vient de votre imagination et de vos désirs, qui vous occasionne du trouble.

[ 19 ]

Soyez sans ambition, sans le moindre désir, exposés, vulnérables, sans protection, incertains, seuls, complètement ouverts et recevez la vie comme elle vient, sans la conviction égoïste que tout doit vous rapporter du plaisir ou un gain matériel ou prétendument spirituel.

[ 20 ]

Réalisez l’état sans pensée. Ne vous inquiétez pas des gens et des choses. Faites une recherche personnelle; essayez de découvrir comment est survenu l’être en vous.

[ 21 ]

Tous les concepts qu’on entretient prennent forme. Le « je suis » ne s’éteint pas tout de suite ; il subsiste un certain temps sous la forme du corps subtil. La forme physique n’est plus, mais les désirs logés dans le corps subtil ne sont pas encore dissous. La conscience demeure jusqu’à l’extinction de la dernière particule d’essence de nourriture. Le Seigneur Krishna a dit : « J’ai hissé les multiples êtres au sommet de la machine de l’illusion ; c’est la force mécanique qui les fait tourner. » Cette force motrice est la Mâyâ, « je suis », « j’aime ».
La nature de cet amour est l’avidité, l’intense désir d’être, la force attirante pour l’être. « J’aime être » est la Mâyâ primordiale.
Que ce principe ait revêtu cet aspect-là, est le miracle suprême ; seulement vous, vous l’aimez et le prenez pour vous, vous le limitez au corps. Maintenant, nous devons découvrir l’identité du principe qui a revêtu la forme.

[ 22 ]

Quand la conscience comprend ce qu’elle est dans sa totalité, est-ce que vous croyez qu’elle va se limiter au corps ? Elle est dans sa totalité, elle ne va pas prendre un fragment de sa manifestation et dire : « ça, c’est moi ».

[ 23 ]

En adoptant une identité séparée, on corrompt l’incorruptible. Voilà le péché originel.

[ 24 ]

Si le monde était réel, il pourrait exister un moyen, une sorte de traitement [pour atteindre la béatitude], mais le monde étant irréel, tout ce que vous pourrez faire ne servirait à rien. Malgré tous vos efforts vous ne distinguez qu’un chaos généralisé et vous ne pouvez pas l’arrêter car il est dans un continuel état de flux. Cet ensemble n’est pas réel. Après avoir écouté ces entretiens avez-vous acquis et mis en réserve un nouveau savoir ou au contraire celui que vous possédiez s’est-il dissous ?

[ 25 ]

La vraie connaissance, la Réalisation, ne peut se produire que lorsque tous les concepts possibles ont été abandonnés et elle ne peut venir que de l’intérieur de vous.

[ 26 ]

Je ressens les choses de la vie tout comme vous. La différence se trouve dans ce que je ne ressens pas. Je n’éprouve ni peur ni envie, ni haine ni colère, je ne demande rien, je ne refuse rien, je ne conserve rien. Sur ces questions je ne transige pas. Peut-être est-ce la différence la plus marquante qu’il y ait entre nous. Je n’accepte pas de compromission, je suis sincère avec moi-même, alors que vous avez peur de la Réalité.

[ 27 ]

Ce qui est important, ce n’est pas ce que vous faites, mais ce que vous cessez de faire. Les gens qui entament leur sadhana sont tellement fiévreux et agités qu’il faut les tenir très occupés pour les maintenir dans la voie. Une routine absorbante leur est excellente. Avec le temps, ils se calment et abandonnent l’effort. La peau du  » je  » se dissout dans la paix et le silence et l’intérieur et l’extérieur deviennent un. Il n’y a pas d’effort dans la vraie sadhana.

[ 28 ]

Au lieu d’attendre une réponse à votre question, cherchez plutôt qui pose la question, et ce qui l’incite à la poser. Très vite vous découvrirez que c’est le mental aiguillonné par la crainte de la douleur qui pose la question. Et dans la peur vous trouvez la mémoire et l’anticipation, le passé et l’avenir. L’attention vous ramène dans le présent, le maintenant, et la présence dans le maintenant est un état qui est toujours à portée de la main mais que l’on remarque rarement.

[ 29 ]

Avec un bon Maître, le disciple apprend à apprendre, et non à se rappeler et à obéir. Satsang, la compagnie des sages, ne forme pas, elle libère. Méfiez-vous de tout ce qui vous rend dépendant. La plupart de ces prétendus  » abandons au Guru  » se terminent dans le désappointement, sinon dans la tragédie. Heureusement, le chercheur sérieux se dégage à temps, rendu plus sage par son expérience.

[ 30 ]

La réalisation, c’est réaliser le fait que vous n’êtes pas une personne. Ce ne peut donc pas être le devoir de la personne dont la destinée est de disparaître. La destinée est le devoir de celui qui s’imagine être une personne. Découvrez qui il est et la personne imaginée se dissoudra. La liberté est toujours de quelque chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est clair qu’il faut que vous vous libériez de la personne que vous prenez pour vous car c’est l’idée que vous avez de vous-même qui vous retient dans les liens.

[ 31 ]

Si vous connaissez ce que vous enseignez, vous pouvez enseigner ce que vous connaissez. Ici, la vision et l’enseignement ne font qu’un. Mais la Réalité absolue est au-delà des deux. Le Guru qui s’arroge ce titre parle de maturation et d’effort, de mérite et d’accomplissement, de destinée et de grâce ; ce ne sont que les formations et les projections mentales d’un esprit intoxiqué. Au lieu d’aide, ce sont des empêchements.

[ 32 ]

Ne faites confiance à personne jusqu’à ce que vous soyez convaincu. Le vrai Guru ne vous humiliera jamais, pas plus qu’il ne vous détachera de vous-même. Il vous ramènera constamment à votre perfection inhérente et il vous encouragera à chercher en vous, à l’intérieur. Il sait que vous n’avez besoin de rien, pas même de lui, et il ne se fatigue jamais de vous le rappeler. Mais celui qui s’est lui- même instigué Guru s’intéresse plus à lui qu’à ses disciples.

[ 33 ]

Dans la vie, on ne peut rien obtenir sans surmonter des obstacles. Les obstacles qui s’opposent à une claire perception de son être véritable sont le désir du plaisir et la peur de la souffrance. L’obstacle, c’est la motivation plaisir-douleur. L’état naturel est l’état où nous sommes libérés de toute motivation, où aucun désir ne se manifeste.

[ 34 ]

Je ne vous demande pas de cesser d’être, cela, vous ne le pouvez pas. je vous demande simplement d’arrêter d’imaginer que vous êtes né, que vous avec eu des parents, que vous êtes un corps, que vous mourrez, etc. Essayez, faites un pas. Ce n’est pas si difficile que vous le croyez.

[ 35 ]

Renoncez à toutes les questions sauf une :  » Qui suis-je?  » Après tout, le seul fait dont vous soyez sûr c’est d’être. Le  » je suis  » est une certitude, le  » je suis ceci  » n’en est pas une. Luttez pour trouver ce que vous êtes réellement.

[ 36 ]

Supposons que vous n’ayez pas conscience que vous êtes, cela impliquerait-il que vous n’êtes pas ? Si ce sentiment « je suis » n’est pas présent, vous, pur Absolu, néanmoins vous êtes. Vous, pur Absolu, prédominez avant, pendant, et après l’état d’éveil. Pendant l’éveil, les sens appartenant à « je suis » perçoivent le monde tandis que vous, Absolu, êtes témoin de l’éveil du « je suis » et de ses perceptions ».

Extraits | « La Conscience et le Monde » | Jean Klein

1/6 Jean klein : Celui qui brûle de connaître sa vraie nature doit d’abord comprendre qu’il s’identifie par erreur aux objets : «je suis ceci», «je suis cela».
Toute identification, tout état, est transitoire, par conséquent sans réalité. Identifier le «je » à ceci ou cela est la racine de l’ignorance. Demandez-vous ce qui est permanent au cours de toutes les phases de la vie. Vous découvrirez que la question : «qui suis-je ?» n’a pas de réponse. Vous ne pouvez pas expérimenter ce qui est permanent dans une relation sujet/objet comme quelque chose de perceptible. Vous pouvez seulement formuler et expliquer ce que vous n’êtes pas. La continuité que fondamentalement vous êtes ne peut se traduire en mots ou se rationaliser. Être est non-duel, absolue présence sans éclipse, quelles que soient les circonstances.
Si nous considérons le connaisseur indépendamment du connu, il se révèle comme pur témoin. Quand connaissance et connaisseur ne font qu’un, il n’y a plus de place pour un témoin. Toute imagination est irréelle, car basée sur la mémoire. Mais tout ce qui n’est pas anticipé, tout ce qui est inopiné, qui provoque la surprise, l’étonnement, provient de la réalité vivante. La recherche du plaisir naît de la souffrance, de la mémoire. Accueillez la vie comme elle se présente, ne mettez pas l’accent sur le monde mais changez votre attitude à son égard. Votre conception du monde, de la société, a sa source dans la croyance que vous êtes un ego séparé. Soyez votre totalité et le monde changera. Le monde n’est pas autre chose que vous. Le monde est en vous, la société commence avec VOUS.
2/6 Question : Vous dites que nous ne devrions pas commencer par tenter de changer le monde mais notre attitude à son égard. Quand vous dites que l’existence est le film mais que nous ne sommes pas le film, entendez-vous par là que nous sommes la lumière qui éclaire le film ?

Jean Klein : Oui. Vous ne pouvez changer le film parce que tous les efforts pour le modifier relèvent du film. Vous identifier à votre corps et à votre personnalité vous bride, vous rend dépendant. Nos perceptions sensorielles reposent sur les constructions de la mémoire et impliquent un connaisseur. Nous devons étroitement examiner la nature du connaisseur. Cela requiert toute notre attention, tout notre amour. Ainsi vous découvrirez ce que réellement vous êtes. C’est l’unique sadhana. Se résorber dans la conscience de sa vraie nature est liberté. Notre vraie nature prend tout en charge.
Les images naissent et meurent dans le miroir de la conscience, et la mémoire crée l’illusion d’une continuité. La mémoire n’est qu’un mode de pensée, elle est purement transitoire. C’est sur ce fondement instable que nous construisons tout un monde de situations. Cette illusion fait obstacle à la claire vision.
Lutter pour nous améliorer ou pour progresser ne fait que rajouter à la confusion. Les apparences extérieures peuvent nous induire à croire que nous avons atteint un état de stabilité, que des changements ont survenu, que nous progressons et que nous sommes au seuil de la grâce. En fait, rien n’a changé. Nous n’avons fait que changer les meubles de place.
Toute cette activité se déroule dans l’esprit, c’est le roman de notre imagination. Tout est beaucoup plus simple que cela. Pourquoi faire si compliqué? Ce que vous êtes fondamentalement est toujours là, dans sa globalité. Cela ne nécessite ni purification, ni changement. Pour votre vraie nature, il n’y a pas de ténèbres. Vous ne pouvez découvrir ou devenir la vérité car vous l’êtes. Il n’y a rien à faire pour vous en rapprocher, rien à apprendre. Rendez vous seulement compte que vous essayez constamment de vous éloigner de ce que vous êtes. Cessez de gaspiller votre temps et votre énergie dans des projections. Vivez cet arrêt sans paresse ni passivité, habitez pleinement la fraîcheur que vous trouverez en cessant d’espérer et d’anticiper. C’est aussi votre sadhana. Il n’y a rien à perfectionner dans la réalité. Elle est perfection. Comment pourriez-vous vous en rapprocher davantage? Il n’y aucun moyen matériel pour l’atteindre.

3/6 Question : N’est-ce pas fataliste de dire que nous ne pouvons changer le film ?
Jean Klein : Dire fataliste implique que vous vous identifiez au film, que vous vous soumettez à lui. En fait, le film se déroule et vous êtes le spectateur. Être hors de l’écran vous donnera une nouvelle perspective sur ce qu’est réellement le film. A partir de cette vue globale qui n’est plus un point de vue, qui est hors du temps et de l’espace, tout se produit dans une absolue simultanéité. Aussi n’y a-t-il rien à changer.
4/6 Question : Pour revenir à ce dont nous parlions auparavant, vous avez dit que le monde change quand la perception que j’ai de lui change. Comment est-ce possible ?

Jean Klein : Celui qui a atteint sa pleine maturité, qui se connaît sciemment, ne se pliera pas nécessairement aux conventions sociales. Un tel être agira au bon moment, suivant ce que la situation indique, sans que personne ne soit lésé d’une quelconque façon. Si vos actes sont régis par vos désirs, vous n’avez aucune espèce de liberté. Par contre, si vous faites ce que réclame la situation, vous faites ce qui est juste, et vous et votre entourage êtes libres.
Un sage n’a pas la moindre pensée d’être une personne quand il agit, sent ou pense. L’ego est totalement absent. L’ego n’est rien de plus qu’une pensée et deux pensées ne peuvent cohabiter simultanément. Aussi l’identification à l’ego ne peut avoir lieu qu’une fois disparue la pensée rattachée à l’objet. C’est alors seulement que l’ego déclare sienne cette pensée. Ce sens de la propriété : «j’ai vu ceci », «j’ai fait cela », intervient après le fait et n’a rien à voir avec le fait. Une fois que ce mécanisme est clairement perçu, vous comprenez que l’identification que vous aviez précédemment prise pour une réalité n’est qu’une illusion. Vous n’êtes pas le propriétaire de la situation pas plus que vous n’en êtes l’esclave. Votre vraie nature est au delà. Le silence de la conscience n’est pas un état, c’est le continuum où tout état, toute chose apparaît et disparaît. Les mots que nous utilisons dans l’état de veille pour parler de ce non-état sont une expression de cette conscience. Quand nous vivons dans la conscience, tout est expression de cette conscience.
Le monde que vous percevez n’est rien d’autre que le roman de votre imagination, basé sur la mémoire, la peur, l’angoisse et le désir. Vous vous êtes retranché dans ce monde. Voyez cela sans vous jeter sur des conclusions et vous serez libre. Vous n’avez nul besoin de vous affranchir d’un monde qui n’existe que dans votre imagination.
Ce que vous prenez pour une réalité est simplement un concept surgi de votre mémoire. La mémoire surgit de l’esprit, l’esprit du témoin, le témoin de votre vraie nature. Vous êtes le témoin, le spectateur placé sur la rive et regardant le fleuve couler. Vous ne bougez pas, vous êtes au delà du changement, au delà du temps et de l’espace. Vous ne pouvez percevoir ce qui est permanent parce que vous l’êtes.
N’alimentez pas les concepts dont vous avez fait vos fortifications ou l’image que les gens ont de vous. Ne soyez ni personne ni rien, contentez-vous de rester à l’écart de ce que la société vous demande. Ne jouez pas son jeu. Cela vous établira dans votre autonomie.
L’exemple, si souvent utilisé dans le Vedanta, du serpent et de la corde, d’un côté se réfère au monde et, de l’autre, à la réalité ultime. Le serpent représente le monde des objets où nous rencontrons les personnalités, les pensées, et l’affectivité. La corde symbolise la réalité ultime, le silence de la conscience. Une fois que nous cessons de prendre la corde pour le serpent, l’idée du serpent disparaît et nous voyons la corde pour ce qu’elle est réellement. Il est parfaitement naturel que l’erreur perde sa substance et se dissipe quand la vérité devient évidente. Étant donné qu’une pensée fait partie intégrante de l’illusion, il lui est impossible de nous révéler la réalité ultime. Le « fait-d’être », la toute présence, qui est la source de toute expérience, est au delà de la dualité expérimentateur/expérimenté. Quand l’accent se trouve sur la conscience et non sur la pensée ou sur la perception, nous entrons progressivement dans une détente profonde, à la fois sur le plan neuro-musculaire et sur le plan mental.
Si nous observons avec détachement l’apparition et la disparition de tous les états que nous expérimentons, nous parvenons bientôt à appréhender que chaque état, chaque perception, chaque pensée sont réabsorbés dans une connaissance informulée, une connaissance qui est l’être. Ce continuum, seule réalité, est là avant que ne commence l’activité. Immergez-vous dans cette tranquillité chaque fois qu’elle se fait sentir.
Vous ne pouvez vous attendre à ce que la réalité surgisse, car elle est toujours là. Les événements apparaissent et disparaissent. N’oubliez jamais le caractère fugitif de toute expérience, c’est tout ce que vous avez à faire et la porte de la grâce s’ouvrira devant vous. Dès que des opinions et des réactions telle que «j’aime, je n’aime pas», interfèrent, vous retombez dans une habitude subjective et vous tissez autour de vous un filet, vous perdez de vue votre vraie nature. Les sentiments de sympathie et d’antipathie vous font tourner le dos à votre vraie nature. Vos concepts de changement, de progrès, en mieux ou en pire, sont fragmentaires et subjectifs. Quand vous regarderez le monde depuis votre totalité, le monde changera en vous. Vous êtes le monde.

5/6 Question : Est-ce que l’absence de pensée que j’expérimente dans la méditation est proche de ma vraie nature ? Est-ce la tranquillité dont vous parlez ?
Jean Klein : Dans ce que l’on nomme ordinairement la méditation, vous cherchez sciemment à vous débarrasser de toute intention et de tout concept. Ainsi vous vous trouvez devant un écran vide de pensées, qu’elles soient objectives ou subjectives. Ces pensées éliminées, d’autres, plus coriaces, apparaissent, vous envahissent sans discrimination, et elles aussi, vous les chassez. Il est vrai qu’au bout d’un certain temps de pratique, l’activité mentale diminue. Cependant, si le chercheur n’est pas guidé par un maître authentique, le vide de l’écran restera toujours un mystère. Le silence de la conscience dont nous parlons est au delà de la présence ou de l’absence des pensées et des mots, au delà de l’action ou de la non-action. Tout surgit de la tranquillité qui est au delà de l’esprit, de la tranquillité qui est au delà de l’effort de s’affranchir des pensées, et tout s’y résorbe. Rien, absolument rien, ne peut affecter cette tranquillité. Le savoir objectif nous parvient par l’instrument organique adéquat, mais le silence de la conscience ne requiert aucun instrument.
6/6 Question : Est-ce que les conflits et les guerres sont inhérents à l’être humain ?
Jean Klein :  Les conflits appartiennent à l’ego, pas à l’être humain. Dans votre vraie nature qui est unité aucun conflit n’est possible. Tension, rivalité, agressivité ne concernent que l’ego. Demandez-vous seulement à quel point vous êtes soumis à vos habitudes, à vos opinions qui sont la source de perpétuels conflits. Observez comment fonctionne votre esprit, observez-le sans idées préconçues. Un moment viendra où vous vous trouverez dans l’observation et non dans l’esprit. Puis, quand toute tension aura disparu, vous vous rendrez compte que vous êtes la lumière qui brille au-delà même de l’observateur. La réalité n’est ni un produit de l’esprit, ni le résultat d’une caravane de pensées, elle est, c’est tout. Vous devez comprendre que vous ne pouvez jamais trouver votre vraie nature dans une perception. La seule méthode que nous pouvons suggérer est d’observer sans analyse la façon dont votre esprit réagit dans les diverses circonstances de la vie quotidienne. Ne modifiez pas votre vie pour coïncider avec un concept. Vivez comme vous le faisiez, pensant et sentant, soyez simplement conscient que ce sont des fonctions. Ainsi vous vous en libérerez spontanément. Ensuite la personnalité que vous pensez être disparaîtra. Il ne restera que le témoin. Au terme, même lui se résorbera dans la connaissance ultime.
Ce qui surgit d’inattendu, d’impromptu, sans cause, libre de tout passé, ce qui surgit sans racines, ce qui ni ne s’épanouit ni ne se flétrit, ce qui est le plus naturel, libre de toute tension, c’est cela votre vraie nature.

Ne plus souffrir est possible !

La souffrance psychologique que nous éprouvons, plus ou moins fortement suivant les moments de notre vie, provient d’une partie en nous qui produit une lutte constante contre l’être.

La plupart des gens pensent que cela est inévitable, que l’on doit faire avec cette souffrance.

Aussi, certains êtres ont eu cette expérience authentique que vivre sans cette souffrance est possible.

L’expérience de ces êtres, c’est qu’ils ont vu que cette souffrance provient en fait d’un ego, d’un petit moi, d’une personnalité, qui n’est pas ce que nous sommes, mais une construction dans le mental nommée « je », qui provient de l’attachement au corps.
Ces êtres sont nommés « réalisés », ou « sages », ou « maîtres spirituels », en ce sens qu’ils ne sont plus ignorants de ce qu’ils sont. Ils ont vu qu’ils sont l’être et non cette personnalité qui s’oppose à l’être, lutte dans l’être, désire et a peur dans l’être.

Cet ego, dans sa lutte, fait souffrir, car il veut les choses autrement qu’elles sont, il croit posséder et a peur de perdre ce à quoi il tient, il se pense attaché. Il ne peut jamais être satisfait de ce qu’il a, il se bat pour obtenir et lorsqu’il a, l’insatisfaction le fait toujours et encore lutter pour en avoir plus. C’est une chaine sans fin entre joies et peines. Lorsqu’il accepte certaines choses, c’est parce qu’il les remplace par d’autres. Il passe d’un attachement à un autre. Il lutte contre un état physique, contre une situation. Il est frustrer, souffrant, en colère, triste, ou heureux de ces nouveaux jouets.

Mais son problème reste le même et la lutte ne cesse pas.

Chaque jour il doit produire, faire, aller de l’avant, se battre, trouver des solutions , et il n’est jamais vraiment en paix, vraiment heureux. Son bonheur tient à des conditions et lorsque ces conditions sont atteintes, il en recherche d’autres.
Je pourrais parler longtemps sur cet ego et tout le mal qu’il fait en nous et au-dehors de nous, tout étant le reflet de nous-mêmes. Mais le plus important, c’est que je veux vous transmettre mon expérience, que tout cela, vous pouvez y mettre fin grâce à la découverte de la vérité, à la fin de l’ignorance de soi.
C’est à dire en prenant conscience que vous n’êtes pas cette personnalité, cette lutte, ce temps psychologique.

Un guide authentique est une personne qui a fait ce chemin de voir la vérité et qui la transmet à celui qui désire vivre dans la paix, sans souffrance, sans lutte, sans « je ».

Comme je l’ai dit au début, bien des gens ne savent pas que cela est possible.

Mais pour d’autres, elles portent un intérêt à cette voie spirituelle, à la recherche de Soi, de l’amour authentique, libéré de l’ego. Elles savent quelque part en elles que cela est possible, et elles veulent cela.

Aussi, au départ, ces personnes tomberont dans le piège de faire le chemin par l’ego, par cette personne qu’elles ne sont pas.
C’est ce que je nomme développement personnel, peu importe qu’on le nomme spiritualité, ou non-dualité, ou satsang, ou coaching, ou ce que vous voulez, l’important est de comprendre que cette personne qui n’est qu’une lutte et donc une absence de paix, va au départ être celle qui va faire le chemin, la pratique, celle qui va désirer la joie, la paix, l’amour, celle qui va rechercher.
Vous pourrez peut-être en prendre conscience si vous découvrez que la lutte ne cesse pas car vous agissez toujours à partir de ce « moi ».

Vous pourrez par exemple, en cet ego, imaginer ce qu’est l’amour, la joie et être en attente de votre concept. Ainsi, si votre corps est souffrant, vous penserez que vous n’y êtes pas encore à cette paix, car votre corps souffre. En fait, la paix est l’acceptation de votre corps souffrant, car vous n’êtes pas le corps et il n’y a personne pour supprimer la souffrance présente dans le corps.

Ce qu’il faut donc comprendre, c’est que c’est ce à quoi vous êtes attaché, ce qui vous semble être vous-même que vous devez abandonner.

Un autre exemple, vous pourrez vous dire de rester en silence, ou bien de rester en paix devant ce qui est, mais dès l’instant où vous allez produire ce concept, votre mental va travailler et vous serez donc dans ce « moi » qui lutte.

Il y a toujours avec ce « moi » un trajet pour aller quelque part.
L’ego va toujours quelque part.
C’est vrai qu’il est difficile, sans être en compagnie des sages de réaliser tout cela, car le monde dans lequel nous vivons ne fera que vous dire que vous avez le contrôle sur le présent, comme si une dualité existe. Ce monde de mensonge, ce monde aveugle, vous dira aussi que si votre corps est souffrant, c’est « votre » faute et que vous pouvez le changer maintenant, mais que vous ne vous y prenez pas bien. Ou encore, il vous dira d’aller voir des spécialistes qui ont le pouvoir de changer les choses. Vous y croirez et vous souffrirez, car vous devrez lutter.

Ce n’est pas différent d’ailleurs dans une fausse voie spirituelle. On pourra effectivement vous dire que c’est de votre faute si vous n’êtes pas joyeux, pas en paix au sens personnel. Je veux dire que l’on vous indiquera une action, un trajet, une lutte.

La paix se mérite, oui, mais pas par le chemin de lutte, mais plutôt par la compréhension de voir la lutte « je » et de l’abandonner. L’amour est donc la seule voie.

Je le répète, en vous, il y a quelqu’un, que vous n’êtes pas, qui prend sa voiture pour se rendre à un autre point. Il se rend à demain, à l’amour, à lui, à la paix, à la non violence, à la réussite, à la pratique, à la méditation. Alors, cela est la lutte de « je ».

C’est pourquoi Maître Eckhart disait « lorsque tu te trouves, supprime-toi ! ».
C’est une façon de parler, ce n’est pas un trajet.
C’est la compréhension que vous ne pouvez pas aller à vous-mêmes car vous-mêmes est le témoin de tout. Tout est en vous et rien ne peut être rejeter. Il veut dire qu’une illusion doit être vue.
Lorsque le mental fait un chemin dans vous, il ne va en fait nulle part, c’est une illusion.
Le « je » ne va nulle par, il n’est qu’une illusion mentale.

C’est pourquoi, lorsque vous savez qui vous êtes, c’est à dire que vous faites l’expérience de votre vrai Moi, vous êtes en paix. Vous ne pouvez plus être attaché, plus être dans le désir et la peur.

Comment ce qui est avant toutes choses et les contient toutes pourrait les désirer ou en avoir peur ?

Comment l’être, unique, pourrait-il en se connaissant avoir peur de lui ou se désirer.

Tout est Dieu et vous êtes Dieu. Pas au sens égotique et orgueilleux, bien évidement, au sens réel !
Si à un moment vous constatez qu’effectivement, la voie que vous pratiquez est une lutte, c’est que vous ne voyez pas qui vous êtes.

Si la personne qui vous guide ne vous permet pas dans le reflet de le voir, c’est que vous n’êtes pas en compagnie d’un sage, mais d’une personne qui parle de ce qu’elle ne connaît pas.

Un guide ne vous permet pas de faire le chemin d’un point à un autre, il vous montre votre ego comme illusoire.

Bien sur, cela pourra s’avérer inconfortable un moment, car l’ego va lutter et lutter, et si vous ne le voyez pas, vous ne pourrez pas abandonner cette lutte.

Sans doute aussi que devant le guide qui représente la paix, donc la non lutte, votre ego se sentira pris au piège ou en colère, car il ne trouvera pas de chemin à faire, ou bien, il voudra croire à un chemin que le guide ne va pas confirmer.

Ou encore, ce qui arrive le plus souvent, l’ego partira, car il a besoin de sécurité, de savoir, de connu, alors que ce que vous êtes ne peut jamais être connu, puisque c’est ce qui fait l’expérience de tout.

Voyez-vous un peu de quoi je vous parle ?
Je ne fais ici que vous guider déjà à votre Soi, je ne vous indique pas un chemin, mais je vous montre la réalité.
En vous, quelque chose veut aller à, alors que vous êtes. Le voyez-vous peut-être en ce moment ?

C’est cela que vous devez découvrir. Alors vous serez en paix. Patrice