Question/réponse | #08

9 Nov 2020 | QUESTIONS/RÉPONSES | Collection

Citations
Bonjour Patrice, je lis vos textes depuis de nombreuses années. Cela m’aide beaucoup, merci.

Je suis jeune maman. Je vous écris car je perds patience avec ma petite Emma qui a 5 ans. Depuis le confinement, cela augmente. Nous faisons des sorties pour prendre l’air et elle pleure souvent. J’essaie de lui changer les idées, d’attirer son attention sur des choses, de lui promettre des récompenses lorsque nous arriverons à la maison, j’essaye aussi l’autorité, mais rien ne marche et je m’épuise. Je n’ai plus l’envie parfois de faire des choses avec elle, tellement je suis triste ou en colère. Je culpabilise du coup. Parlez-moi s’il vous plait de ce qu’est l’amour en tant que maman, merci. Lise, 35 ans.

Bonjour Lise,

Je comprends bien ce qui arrive. Pour que cela change, il vous faut voir et comprendre ce qui se passe et fonctionner ensuite autrement, grâce à cette compréhension.

Ce que vous pouvez voir si vous regardez ce que vous vivez et ce que vous faites, c’est que du début à la fin, dans toutes les actions, vous n’aimez effectivement jamais ce qui est, donc votre fille comme elle est.

Vous avez le désir que votre fille ne pleure pas, qu’elle soit heureuse, que tout se passe comme vous le voulez et non comme cela est.

Cela vient, tout au fond de vous de l’impossibilité d’aimer la peine, les larmes.

Ainsi, lorsque votre fille vous reflète ce que vous ne pouvez pas aimer, vous essayez de le chasser. Vous êtes dans le combat tout le temps.

Tout est en vous, ainsi, vous ne faites qu’essayer d’enlever une partie de l’être qui existe et cela persiste pour vous apprendre à l’aimer.

Il est possible aussi que cela se traduise par de la colère, car la peine ne peut pas être écoutée, alors la colère prend le dessus.

La colère se traduira, par une autorité, une volonté que cela cesse, que votre fille soit gentille, obéissante, qu’elle vous écoute et non qu’elle soit elle-même.

Dans tous les cas, que ce soit le chantage, l’autorité, la menace, ou de la prendre par les sentiments, vous allez toujours contre.

Je vous invite, lorsque vous voyez ça, d’essayer d’accueillir en vous l’instant, d’aimer votre fille comme elle est.

Vous pouvez essayer deux choses : la première est de lui demander d’exprimer ce qu’elle ressent, de lui montrer que vous êtes en harmonie avec ce qu’elle vit là, et cela vous demandera donc d’apprendre à aimer la peine, la tristesse des autres et la vôtre de fait. Voyez ce qui va se passer en ne cherchant plus à aller contre votre fille, mais en étant disponible à elle.

Vous pourrez peut-être ressentir que vous perdez votre rôle de maman, si vous avez appris à être une maman qui éduque et non une maman disponible, c’est à dire, aimante. Mais c’est le chemin vers l’amour.

Enfin, vous pouvez aussi simplement rester en silence et laisser les choses se faire et passer. Vous découvrirez alors bien des choses en vous. Bon courage, profitez bien de votre fille, de vous.

Patrice