Question/réponse | #10

15 Nov 2020 | QUESTIONS/RÉPONSES | Collection

Citations
Bonjour Patrice, je viens de temps en temps à vos ateliers. Je suis persuadée que ce que vous enseignez est juste, je ressens le besoin d’être en paix, de ne pas forcer mon être, mais en ce moment je ne peux plus venir vous voir car je ressens de la désolation, de la déception de ne pas pouvoir être comme vous, de ne pas pouvoir pratiquer comme vous le montrez. C’est souvent décourageant de vous entendre et ça me ramène à l’idée d’être nulle, de ne pas y arriver. Pouvez-vous me dire ce que vous pensez de tout ça ? Merci, et désolée.
Bonjour, Oui je comprends.

Oui, je vois très bien de quoi il s’agit et voici ma réponse, ferme, directe.

En fait, vous n’avez rien entendu encore de ce que je dis. Tout d’abord, je n’enseigne pas, je montre un chemin que j’ai vu, qui est le chemin de la libération, et c’est à vous de le voir, de le comprendre et de le faire. Qui y a t’il à faire que vous ne faites pas ? Je dirais que ce qu’il y a à faire est si simple, si direct, que c’est trop simple pour un être humain « normal ». Vous utilisez votre mental et vous cherchez dans « je ». Ainsi, vous pensez qu’il y a quelque chose à trouver dans le connu, un enseignement. Puis vous vous désolez de ne pas le trouver. Enfin, l’ego se désole. L’égo aussi est en colère quelque part, car il ne parvient pas à ce qu’il veut, donc venir n’est pas bon pour lui. En plus, en venant, comme il cherche à comprendre et ne comprends pas, il est déçu, et se juge d’être nul, de ne pas comprendre. Alors, le meilleur moyen pour lui, c’est de continuer à parler et de vous laisser éloigné de ce que vous êtes.

Je le redis, le chemin est si proche de vous, si court, qu’il ne faut pas vous déplacer. Vous dites que vous aimeriez être comme moi, et bien vous l’êtes. En ce sens qu’être, l’ici, c’est sans vous déplacer. Mais voilà , vous en avez fait un concept et vous faites un chemin qui donne naissance à « je » et ce « je » est maintenant désolé. C’est ce même « je » chez tout le monde qui met le chaos. « Je » veux m’en sortir, « j’ai » peur pour mon avenir, « je » veux voir ma famille, « je » ne veux pas mourir, « je » veux profiter », « je » « je » « je ». Il se trouve que « je » est faux. Que tout arrive, mais rien n’arrive à « je ». Qui le verra ? Surement pas le mental « je ». Voilà la voie ultime.

Patrice