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Texte | Citations de Nisargadatta Maharaj – « Ni Ceci, Ni Cela » | #N13

Bien des faux guides nous disent aujourd’hui que nous sommes la paix, qu’il n’y a rien à faire, que nous sommes l’amour, que tout est parfait et qu’il suffit juste d’être là sans effort. C’est totalement faux et dangereux.
La paix se mérite, il faut choisir d’être en paix, c’est à dire, se libérer de la peur et du désir. Ne pas discuter sur cela mais en finir. Si vous lisez un maître digne de ce nom, comme Nisargadatta, Ramana, Mâ Amanda Moyî, Krishnamurti, Etty Hillesum, Maître Eckhart, Kodo Sawaki, Rûmi, et bien d’autres encore, vous trouverez toujours cette action à mener. Il y a quelque chose à transformer, un abandon de soi. Maître Eckhart disait « trouve-toi et supprime-toi !, alors tu seras toujours avec Dieu, toujours ouvert, car rien n’est plus proche de Dieu que le silence. » Mais sachez (et c’est une bonne citation pour le questionnement) que si « je » reste silencieux et attend Dieu, alors ce sera l’échec. C’est « je » qui doit être abandonné.

Je vous propose donc quelques citations de Nisargadatta maintenant. Lisez-les doucement, un seul texte suffit par jour ou même pour plusieurs jours, voir plusieurs mois s’il le faut.

Voyez si vous comprenez bien, puis voyez si vous pouvez le mettre en pratique maintenant.

Si quelque chose n’est pas clair, notez la question ou les questions et venez éclairer cela avec moi alors.
Vous pourrez ainsi entendre le chemin de réponse et le faire par vous-même et vivre la réponse. Si vous ne le faites pas, alors nous recommencerons jusqu’à ce que vous puissiez faire ce chemin et vivre le résultat de la clarté.

Grâce à cette clarté que vous allez atteindre dans l’échange, petit à petit, grâce à votre patience, à votre détermination, vous pourrez vivre en paix, car vous allez éclairer ce qui demande à l’être en vous pour trouver votre vrai Moi, paisible, heureux, non affecté par le monde.

[ 1 ]

L’Éveil contient toute expérience. Mais celui qui est éveillé est au-delà de toute expérience.

[ 2 ]

Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas, trouvez ce que vous n’avez jamais perdu.

[ 3 ]

C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé. Vous n’avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

[ 4 ]

Vous êtes Dieu, mais vous ne le savez pas.

[ 5 ]

Quand vous ne demandez rien, ni au monde, ni à Dieu, quand vous ne désirez rien, ne cherchez rien, l’État Suprême vient à vous, sans que vous l’ayez invité ni attendu.

[ 6 ]

Renoncez à tout et vous gagnez tout.

[ 7 ]

Ce dont vous avez besoin se présentera à vous si vous ne désirez pas ce dont vous n’avez pas besoin.

[ 8 ]

N’être rien, ne rien posséder, ne rien garder pour soi-même, c’est le plus grand des dons, la générosité la plus élevée.

[ 9 ]

Qu’avez-vous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous ? L’attachement, c’est l’esclavage, le détachement, c’est la liberté. Désirer, c’est s’asservir.

[ 11 ]

La source de la conscience ne peut pas être un objet de la conscience. Connaître la source, c’est être la source. Quand vous réaliserez que vous n’êtes pas la personne mais le témoin, pur et tranquille, que la présence sans peur est votre être-même, vous serez l’être.

[ 12 ]

Pourquoi vous occupez-vous du monde avant de vous occuper de vous ? Vous voulez sauver le monde, n’est-ce pas ? Pouvez-vous sauver le monde avant de vous sauver vous-même ? Et que veut dire sauver ? Sauver de quoi ? De l’illusion. Le salut c’est de voir les choses telles qu’elles sont.

[ 13 ]

La maturité de l’esprit et du cœur est essentielle. Elle vient sans effort quand on a supprimé le principal obstacle – l’inattention, le manque de vigilance ; dans la conscience, vous vous développez.

[ 14 ]

Une braise incandescente que l’on fait tourner assez rapidement apparaît comme un cercle. Quand on arrête le mouvement, il reste la braise. De la même façon, le « je suis » en mouvement crée le monde. Le « je suis » pacifié devient l’absolu.

[ 15 ]

Prenez conscience de ce qui est inconscient.
Les désirs et les peurs sont les facteurs de distorsions et d’obscurcissement. Quand le mental s’en est libéré, ce qui est inconscient devient accessible.

[ 16 ]

Une fois que vous avez réalisé que la route est le but et que vous êtes toujours sur la route, non pour atteindre un but mais pour jouir de sa beauté et de sa sagesse, la vie cesse d’être un devoir et elle devient naturelle et simple, une extase en soi.

[ 17 ]

Pour aller au-delà du mental, il faut être silencieux et en paix.
L’unité libère, la liberté unit. Soyez dans l’unité avec vous-même et vous le serez avec tout.

[ 18 ]

Ce qui vous vient à chaque instant, sans que vous l’ayez demandé, vous vient de Dieu et vous aidera certainement si vous en faites plein usage. Ce n’est que ce pour quoi vous luttez, et qui vient de votre imagination et de vos désirs, qui vous occasionne du trouble.

[ 19 ]

Soyez sans ambition, sans le moindre désir, exposés, vulnérables, sans protection, incertains, seuls, complètement ouverts et recevez la vie comme elle vient, sans la conviction égoïste que tout doit vous rapporter du plaisir ou un gain matériel ou prétendument spirituel.

[ 20 ]

Réalisez l’état sans pensée. Ne vous inquiétez pas des gens et des choses. Faites une recherche personnelle; essayez de découvrir comment est survenu l’être en vous.

[ 21 ]

Tous les concepts qu’on entretient prennent forme. Le « je suis » ne s’éteint pas tout de suite ; il subsiste un certain temps sous la forme du corps subtil. La forme physique n’est plus, mais les désirs logés dans le corps subtil ne sont pas encore dissous. La conscience demeure jusqu’à l’extinction de la dernière particule d’essence de nourriture. Le Seigneur Krishna a dit : « J’ai hissé les multiples êtres au sommet de la machine de l’illusion ; c’est la force mécanique qui les fait tourner. » Cette force motrice est la Mâyâ, « je suis », « j’aime ».
La nature de cet amour est l’avidité, l’intense désir d’être, la force attirante pour l’être. « J’aime être » est la Mâyâ primordiale.
Que ce principe ait revêtu cet aspect-là, est le miracle suprême ; seulement vous, vous l’aimez et le prenez pour vous, vous le limitez au corps. Maintenant, nous devons découvrir l’identité du principe qui a revêtu la forme.

[ 22 ]

Quand la conscience comprend ce qu’elle est dans sa totalité, est-ce que vous croyez qu’elle va se limiter au corps ? Elle est dans sa totalité, elle ne va pas prendre un fragment de sa manifestation et dire : « ça, c’est moi ».

[ 23 ]

En adoptant une identité séparée, on corrompt l’incorruptible. Voilà le péché originel.

[ 24 ]

Si le monde était réel, il pourrait exister un moyen, une sorte de traitement [pour atteindre la béatitude], mais le monde étant irréel, tout ce que vous pourrez faire ne servirait à rien. Malgré tous vos efforts vous ne distinguez qu’un chaos généralisé et vous ne pouvez pas l’arrêter car il est dans un continuel état de flux. Cet ensemble n’est pas réel. Après avoir écouté ces entretiens avez-vous acquis et mis en réserve un nouveau savoir ou au contraire celui que vous possédiez s’est-il dissous ?

[ 25 ]

La vraie connaissance, la Réalisation, ne peut se produire que lorsque tous les concepts possibles ont été abandonnés et elle ne peut venir que de l’intérieur de vous.

[ 26 ]

Je ressens les choses de la vie tout comme vous. La différence se trouve dans ce que je ne ressens pas. Je n’éprouve ni peur ni envie, ni haine ni colère, je ne demande rien, je ne refuse rien, je ne conserve rien. Sur ces questions je ne transige pas. Peut-être est-ce la différence la plus marquante qu’il y ait entre nous. Je n’accepte pas de compromission, je suis sincère avec moi-même, alors que vous avez peur de la Réalité.

[ 27 ]

Ce qui est important, ce n’est pas ce que vous faites, mais ce que vous cessez de faire. Les gens qui entament leur sadhana sont tellement fiévreux et agités qu’il faut les tenir très occupés pour les maintenir dans la voie. Une routine absorbante leur est excellente. Avec le temps, ils se calment et abandonnent l’effort. La peau du  » je  » se dissout dans la paix et le silence et l’intérieur et l’extérieur deviennent un. Il n’y a pas d’effort dans la vraie sadhana.

[ 28 ]

Au lieu d’attendre une réponse à votre question, cherchez plutôt qui pose la question, et ce qui l’incite à la poser. Très vite vous découvrirez que c’est le mental aiguillonné par la crainte de la douleur qui pose la question. Et dans la peur vous trouvez la mémoire et l’anticipation, le passé et l’avenir. L’attention vous ramène dans le présent, le maintenant, et la présence dans le maintenant est un état qui est toujours à portée de la main mais que l’on remarque rarement.

[ 29 ]

Avec un bon Maître, le disciple apprend à apprendre, et non à se rappeler et à obéir. Satsang, la compagnie des sages, ne forme pas, elle libère. Méfiez-vous de tout ce qui vous rend dépendant. La plupart de ces prétendus  » abandons au Guru  » se terminent dans le désappointement, sinon dans la tragédie. Heureusement, le chercheur sérieux se dégage à temps, rendu plus sage par son expérience.

[ 30 ]

La réalisation, c’est réaliser le fait que vous n’êtes pas une personne. Ce ne peut donc pas être le devoir de la personne dont la destinée est de disparaître. La destinée est le devoir de celui qui s’imagine être une personne. Découvrez qui il est et la personne imaginée se dissoudra. La liberté est toujours de quelque chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est clair qu’il faut que vous vous libériez de la personne que vous prenez pour vous car c’est l’idée que vous avez de vous-même qui vous retient dans les liens.

[ 31 ]

Si vous connaissez ce que vous enseignez, vous pouvez enseigner ce que vous connaissez. Ici, la vision et l’enseignement ne font qu’un. Mais la Réalité absolue est au-delà des deux. Le Guru qui s’arroge ce titre parle de maturation et d’effort, de mérite et d’accomplissement, de destinée et de grâce ; ce ne sont que les formations et les projections mentales d’un esprit intoxiqué. Au lieu d’aide, ce sont des empêchements.

[ 32 ]

Ne faites confiance à personne jusqu’à ce que vous soyez convaincu. Le vrai Guru ne vous humiliera jamais, pas plus qu’il ne vous détachera de vous-même. Il vous ramènera constamment à votre perfection inhérente et il vous encouragera à chercher en vous, à l’intérieur. Il sait que vous n’avez besoin de rien, pas même de lui, et il ne se fatigue jamais de vous le rappeler. Mais celui qui s’est lui- même instigué Guru s’intéresse plus à lui qu’à ses disciples.

[ 33 ]

Dans la vie, on ne peut rien obtenir sans surmonter des obstacles. Les obstacles qui s’opposent à une claire perception de son être véritable sont le désir du plaisir et la peur de la souffrance. L’obstacle, c’est la motivation plaisir-douleur. L’état naturel est l’état où nous sommes libérés de toute motivation, où aucun désir ne se manifeste.

[ 34 ]

Je ne vous demande pas de cesser d’être, cela, vous ne le pouvez pas. je vous demande simplement d’arrêter d’imaginer que vous êtes né, que vous avec eu des parents, que vous êtes un corps, que vous mourrez, etc. Essayez, faites un pas. Ce n’est pas si difficile que vous le croyez.

[ 35 ]

Renoncez à toutes les questions sauf une :  » Qui suis-je?  » Après tout, le seul fait dont vous soyez sûr c’est d’être. Le  » je suis  » est une certitude, le  » je suis ceci  » n’en est pas une. Luttez pour trouver ce que vous êtes réellement.

[ 36 ]

Supposons que vous n’ayez pas conscience que vous êtes, cela impliquerait-il que vous n’êtes pas ? Si ce sentiment « je suis » n’est pas présent, vous, pur Absolu, néanmoins vous êtes. Vous, pur Absolu, prédominez avant, pendant, et après l’état d’éveil. Pendant l’éveil, les sens appartenant à « je suis » perçoivent le monde tandis que vous, Absolu, êtes témoin de l’éveil du « je suis » et de ses perceptions ».