SURPRISES ! | Collection

Texte | Patrice Bailly – Être libre de… c’est aimer véritablement | #N21

Le chemin spirituel consiste entre autre à apprendre à se libérer de ce que nous ne sommes pas, afin de pouvoir l’aimer.

Ainsi, chaque expérience qui nous arrive ici et maintenant est toujours l’occasion de voir si nous sommes libres ou non de ce qui est.

Par exemple, si la peur se présente, si dans votre corps, vous ressentez des battements de coeur rapides, ou encore une migraine, c’est alors l’occasion de vous libérer de la peur en aimant ce que vous ressentez.

C’est ce que certains maîtres spirituels appellent « faire face », ou « observer le réel » ou encore « sortir du rêve du ‘moi’ ».

L’ego se construit lorsque nous pensons que nous avons le pouvoir de changer l’instant présent, alors que nous sommes l’instant présent et que nous ne pouvons être deux en un.

Ainsi, l’ego est une personnalité illusoire qui recherche à se débarrasser de l’être, lorsque celui-ci ne correspond pas à l’attente de cet ego.

L’ego, devant la peur, va donc essayer de lutter contre les ressentis du corps, et va produire une action qui ne pourra pas aboutir, mais qui par contre, pourra apporter de la souffrance, du fait de vouloir changer ce qui ne peut être changé.

C’est de cela que parlent les maîtres de l’Advaïta Vedenta lorsqu’ils parlent de non dualité.

La non dualité n’est pas l’inverse de la dualité, elle est l’accueil de la dualité, l’amour de tout. C’est pourquoi on dit que « être rien, c’est être tout ».

La vie est duelle dans sa représentation, elle est comme une pièce qui contient deux faces, mais ce que nous sommes, l’âme est avant cela, d’où la possibilité d’observer cette vie sans en être affecté ou d’en souffrir si nous sommes dans l’ignorance de soi (nous nous prenons pour l’ego illusoire).

Ainsi, pour le jour, il faut la nuit, pour la joie, il faut la peine. L’un ne peut pas exister sans l’autre.

C’est pourquoi, par exemple, l’acceptation de la mort donne une vie pleinement présente, alors que nier la mort ne permet jamais d’être pleinement présent à la vie, puisqu’un ego inquiet, recherchant la sécurité va occuper le présent mentalement.

Bien sûr, l’être humain dispose bien d’une possibilité d’agir devant l’instant présent, mais pas en voulant le changer, mais au contraire en s’abandonnant à lui, et ainsi en aimant ce qui est. Il peut aussi recevoir en lui des rêves (ce qui est très différent du fait de rêver, de vivre dans l’illusion), il peut être inspiré par la vie et réaliser ses rêves, mais il ne peut pas choisir le présent, la façon dont tout cela se déroulera.

Comprendre cette réalité, c’est être libre de tout et tout aimer

Ce travail, pour celui qui veut parcourir cette voie vers l’amour, vers Dieu, vers l’instant présent, la paix intérieur, devra donc être réalisé en prenant conscience de toutes les choses dont nous ne sommes pas libres et apprendre à le devenir.

Cela va donc demander d’être observateur de l’instant, d’apprendre dans un premier temps à écouter ce qui est, à être vigilant, ce qui demande une certaine expérience, de ne pas partir avec le mental.

Cela pourra commencer par l’observation de ce que nous pensons en prenant par exemple appuie sur notre respiration.

En étant avec notre respiration, juste en l’observant en silence, nous pourrons voir venir les pensées qui se présentent et juste les constater et poursuivre notre attention à la respiration. Sauf, bien sur, si nous sommes emportés par les pensées, ce qui voudra dire que nous ne sommes pas restés vigilants. Ce n’est pas grave du tout. Lorsque nous sommes emportés, il nous faut alors revenir à chaque fois à la respiration.

Nous pourrons après, noter ces pensées et voir ainsi les personnalités qui se jouent en nous et en prendre conscience.

Dans un deuxième temps (ce qui est plus difficile), nous pourrons apprendre à nous libérer du corps, c’est à dire des sensations, des douleurs, du corps entièrement, en devenant témoin de celui-ci.

Plus l’on avance, plus on peut voir que ce « moi » n’existe pas, que c’est une illusion et que notre vie est toujours ici et maintenant, que demain et hier ne sont pas.

Cela va demander de développer notre foi en la vie, notre confiance en l’inconnu. Nous laisser porter, aller avec la vie, en étant à son service.

Cela est donc totalement différent d’une vie dans l’ego, dans laquelle l’important est de nous sécuriser, d’être aimé, d’être dans le connu, le mental, le temps psychologique, alors que dans l’amour le temps n’existe pas. C’est donc comme un sentiment d’éternité du fait que nous n’utilisons pas le connu pour vivre.

Rien n’est donc prévu, l’espoir n’est plus, la recherche non plus, car la confiance en quelque chose qui sait ce qu’il y a de meilleur pour nous permet de nous abandonner totalement en cela.

Patrice Bailly