SURPRISES ! | Collection

Texte | Patrice Bailly – S’abandonner ! Aller de soi à Soi | #N17

Texte offert qui est tiré du prochain livre des pensées de l’invisible de Patrice Bailly – mai 2021

S’abandonner ! Aller de soi à Soi

Choisir d’aimer, c’est choisir de s’abandonner à l’univers, ou à Dieu, ou à la vie, le nom sera celui qui résonne en vous.

Pour la plupart d’entre nous, le but est de tout faire pour obtenir ce que l’on veut, ce que l’on désire, car nous pensons que c’est cela le véritable bonheur, et cela donne un sens intellectuel à notre vie, une direction, un connu vers lequel aller.

Aussi, lorsque l’on obtient pas ce que l’on veut, lorsque la vie est différente de nos souhaits, nous souffrons, nous nous sentons frustrés, nous sommes en colère, tristes, déprimés et nous devenons très égoïstes pour trouver de quoi être au plus vite satisfait.

Nous apprenons dans cette société, que si nous n’obtenons pas, c’est que nous ne sommes pas assez performants, pas assez intelligents, pas assez doués, ce qui nous met encore plus en compétition et nous rend très égoïstes.

Et comme nous souffrons de ne pas avoir, nous nous battons pour obtenir, même si nous devons détruire notre prochain, l’ignorer, le manipuler. Toutes nos démarches viennent en fait de notre peur, car l’ego n’est que peur et du fait de ne pas être en paix, de ne pas être dans le présent, mais dans «moi-je».

La frustration que nous connaissons dans l’échec orgueilleux est aussi ce qui nous donne la force de nous battre, ce qui nous donne de l’adrénaline, tout comme la compétition, la comparaison, la peur d’être rejeté, non aimé, en ce qui concerne l’image de nous-même. L’espoir fait vivre comme on dit. Alors que nous sommes la vie en vérité.

De plus, l’orgueil ayant aussi le désir de sécurité et de connaître son avenir, et ayant très peur du vide, du rien, de l’instant présent, il va rechercher cela et ce sera là aussi son challenge qui le poussera à vivre chaque jour, mais aussi ce qui ne lui permettra jamais de connaître ce qui est, de savoir qui nous sommes vraiment.

Nous rechercherons sans cesse les réponses et le sens de la vie, l’amour, le bonheur, au-dehors de nous, donc dans le mental, ce qui ne donnera jamais une réponse satisfaisante, la réponse étant dans le silence intérieur, dans le fait de s’abandonner. Ce que nous allons trouver dehors ne pourra pas nous satisfaire éternellement, car cela est éphémère. Ce n’est donc qu’en trouvant Soi que l’on peut être tranquille pour l’éternité, Soi n’étant pas éphémère. Rester en Soi, est donc une paix totale.

Revenons maintenant à cet orgueil. Son but est de nous tenir éloigné de notre vraie nature, de notre coeur. Il va en cela, nous obliger à vivre très égoïstement. Nous souffrirons de ne pas pouvoir nous laisser aller, nous laisser porter par l’univers, car la société, les autres, et nous-mêmes auront appris à vivre dans cet orgueil.

Cette lutte permanente, cette souffrance, ce « devoir » être, la plupart d’entre nous n’en sommes pas conscients. Le sommeil dans ce conditionnement inhumain est si grand que nous pouvons passer notre vie entière ainsi, à suivre, dans la masse, à vivre de conditionnements, de règles, sans jamais aller voir si nous sommes vraiment en accord avec ce qui est proposé. Nous ne remettons pas en question et n’apprenons pas de nos erreurs. Nous vivons de répéter sans cesse les mêmes erreurs et nous nous étonnons que cela ne progresse pas.

Par exemple, nous ne nous demandons jamais ce que veut dire vivre en paix. Nous n’allons jamais voir ce qui trouble la paix, c’est à dire la peur et le désir et nous ne nous transformons pas à ne plus désirer ou ne plus avoir peur afin de ne pas troubler la paix, à moins de décider de nous lancer dans une voie spirituelle, une voie qui propose d’aimer ce que la vie nous donne et d’abandonner tous désirs et toutes peurs.

Cette voie apporte, non pas un bonheur éphémère lié à ce que nous obtenons, mais une joie éternelle de ne plus rien désirer pour soi, mais d’aimer ce qui est, donc notre vrai moi.

Cet amour de la vie, cette dévotion est la preuve que nous reconnaissons en la vie, le maître, la voie ultime, Dieu. Nous sommes alors libérés de la peur et de la souffrance et du combat pour vivre. Nous sommes sans recherche, en paix, tranquille.

Il ne peut pas exister d’attachement dans cette expérience d’aimer.

Pour résumer, cette voie, c’est ne plus suivre les désirs et les peurs, les attentes de l’ego, et accepter avec amour ce qui est.

Ce n’est possible qu’en détruisant totalement l’ego, en faisant le deuil de nous-mêmes pour se laisser aller avec la volonté de la vie, instant après instant. 

Bien des gens se disent être dans ce courant d’amour et l’enseignent parfois, mais ce sont très souvent des personnes qui vivent dans l’ego et sont dans une période agréable. Ou encore, des personnes qui cherchent à être appréciées des autres ou encore à les dominer, ou à les sauver.

Seule la grâce ou bien l’abandon dans la souffrance peuvent mener à Dieu.

Tant que nous avons une seule demande, attente, une peur, alors Dieu ne peut entrer.

Lâcher les questions, les buts, les peurs, lâcher tout jusqu’à soi, c’est ouvrir la porte à l’amour.

C’est un chemin difficile pour bien des raisons, car il demande de l’humilité, beaucoup de silence, d’écoute, une attention très grande aux autres, de savoir remettre en question, en commençant par soi, de pouvoir se voir comme nous sommes.

Laisser tomber nos désirs, nos peurs, ne plus rêver, ne plus s’illusionner demande de faire le deuil du faux pour le vrai, ce qui est difficile. De plus, cela ne marchera que si cette acceptation totale est accompagnée d’amour. Car une simple acceptation des choses ne suffira pas à apporter le bonheur d’être, d’aimer la vie.

Il y a dans la spiritualité véritable, un amour pour la vie, une confiance, un don, un abandon à elle, et cela passera par des étapes de résistance de l’ego, ego qui devra, pour que l’abandon se fasse, être détruit.

Dans l’amour de Dieu, tout est reconnu comme Dieu, ainsi, aimer Dieu, c’est le voir en tout. Dans le bien comme dans le mal, vous voyez Dieu, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la bonne santé comme dans la mauvaise, dans la vie comme dans la mort, vous ne voyez qu’Un, que Dieu, que la Vie. Alors, vous êtes en paix.

Avant cela, vous vivez dans la dualité du j’aime, j’aime pas, je veux, je ne veux pas. Dans la peur, dans l’effort de la personne, dans la souffrance. Patrice