SURPRISES ! | Collection

Texte | Savoir qui vous êtes permet de choisir la paix en Soi, l’Amour | #N04

Ce texte fait parti d’un livre de Patrice « les pensées de l’invisible tome 02 ». Il a été envoyé en 2021 aux abonnés du site des pas.

Cela fait un moment que je voulais écrire ce texte sur l’attachement. Son but est d’essayer d’expliquer au mieux ce que produit l’attachement et comment il fonctionne. Il existe de nombreux mots que les gens utilisent quotidiennement, alors qu’ils ne savent pas véritablement ce qu’ils expriment. Des mots comme attachement, ego, mental, sentiments, esprit, et bien sur le plus dramatique, le mot « amour ».

Tout ces mots, sont souvent exprimés dans un brouillard total, nous les employons d’une manière rapide, sans être allé voir ce qu’ils veulent dire, sans en faire la profonde expérience.

Essayons donc d’aller voir ce qu’attachement veut dire et ce que cela nous fait d’être attaché.

Ce qui reste très difficile à comprendre, à voir, pour la plupart des gens, c’est qu’il n’existe pas de lien réel entre une personne et une autre, ou entre une personne et un objet, un travail, de l’argent, un sentiment.

Le fait que nous puissions penser que le lien existe, c’est que nous sommes aveuglés dans un « moi », une projection imagée de nous-même, qui fait que nous ne voyons pas la réalité.

Lorsque nous construisons en nous un sentiment, car c’est bien en nous que nous le construisons, ce n’est pas en dehors, nous construisons ce lien en nous. Mais il n’est en fait lié à personne. La preuve en est que les sages, qui savent qui ils sont, ne construisent pas ce lien au dedans d’eux et ne vivent donc pas ce sentiment.
Ainsi, du moment où nous construisons le sentiment en nous, qui est, je le rappelle, sans rapport avec l’extérieur, nous avons, si nous ne sommes pas conscients de construire ce sentiment et ce lien, l’impression que nous sommes liés à quelque chose et que cela ne dépend pas de nous, mais de la chose, et qu’il y a donc en réalité un lien, et que ce ne peut pas être autrement. C’est totalement faux.
Lorsque vous ne construisez plus en vous le sentiment, du fait de la maîtrise de soi, il n’existe alors plus de lien, que la personne ou l’objet soit là ou non. Ce qui est la preuve que le lien est une illusion.

C’est le gros problème de l’ego, c’est qu’il donne l’illusion à des choses d’exister, alors qu’elles n’existent pas.

Ainsi, vous construisez en vous une peur de perdre quelqu’un et vous ressentez un lien avec cette personne, vous pensez que vous et cette personne êtes liés, alors que c’est faux.
Mais tant que vous ne pouvez pas voir cette illusion, vous vous débattrez pour ne pas perdre la personne avec qui vous croyez être lié. Vous pourrez souffrir de peur de la perdre, vous rendre esclave d’elle pour ne pas vivre une séparation, ou bien, vous pourrez la menacer, si elle vous quitte, de la violenter, ou encore de vous suicider si elle part. Tout cela, est un jeu de l’ego souffrant.
Et bien sur, la bêtise humaine, qui n’a pas été voir clairement de quoi il retourne, continue d’appeler cela « amour ». Il n’existe aucun travail psychologique à faire pour ça, car cela ne fera que faire quelque chose en dehors et vous ne verrez pas plus clair.

Aimer une personne qui vous quitte, c’est aimer ce que cette personne désire et donc qu’elle vous quitte. Cela est aimer cette personne. Le reste est de l’égoïsme.

Cet égoïsme se voit partout, chaque jour. L’être humain, vivant dans ce « moi », n’est soucieux que de ce « moi ».
Ainsi, il ne peut pas être présent, puisque le souci pour le « moi » lui occupe l’esprit en chaque instant. Et bien sur, il ne voit pas dans ce mal « moi », que lorsqu’il est occupé avec « sa » souffrance, il ne peux pas être attentionné aux autres, car c’est « moi » qui compte. Il peut chercher des personnes pour écouter « sa » souffrance, « ses problèmes », ce qui va amplifier ce « moi ». Et bien sûr, s’il entend un guide authentique lui dire qu’il construit en lui ce mal, qu’il est responsable et que personne ne peut l’aider, à part lui à ne pas le faire, il ne comprends pas et est en colère ou vexé, car ce qu’il veut, c’est que l’on s’occuper de lui souffrant, non pas qu’on l’aide à voir clair et à ne plus construire cette victime, donc ce « je ».

(Les guides spirituels connaissent bien ce problème avec les personnes qui s’attachent à eux et qui ensuite les détestent parce que ces guides ne tombent pas amoureux, ou dans des sentiments d’aidant, de sauveur.)

Se tourner vers les autres, c’est s’oublier totalement, ne plus avoir de « moi ». Mais cela ne fait pas de vous un ignorant qui devient esclave des autres, pas du tout. Vous voyez au contraire très clairement ce que chacun est.

Photo d’Etty Hillesum
Ainsi, la voie, comme Etty Hillesum l’exprime très bien dans son journal, est très difficile. Car plus vous allez vous oublier et voir le monde comme il est, donc ce que vous êtes aussi, plus vous allez devoir vous corriger sur tout le mal que vous êtes. Au lieu de reprocher aux autres, à la vie, à un dieu, vous allez commencer à être responsable et voir qui vous êtes sans mental. Ensuite, il vous faudra changer pour devenir bon. Terminé ce « moi » qui a toujours une excuse pour fuir le réel.

Concernant les autres, vous découvrirez des êtres qui refusent de se voir, de changer et qui se pensent parfaits, ou mauvais, mais sans rien regarder en face. Vous verrez des victimes, qui demandent de l’attention, et des sauveurs qui aiment briller.
Vous verrez que l’amour n’est que très peu présent chez l’être humain, que la plupart ignore ce que l’amour est, et ne vivent que dans la peur et le désir du « moi ».

C’est là que commencera une voie plus difficile, qui consiste à aimer votre prochain, et à accepter la volonté divine plutôt que la vôtre et à servir votre prochain, quoi qu’il puisse être. Cela est l’amour.

Tant que vous avez une colère, un ennemi, une peine d’une situation, vous n’êtes pas aimant et vous ne pouvez pas connaître la joie de Dieu. Votre « moi » est encore solide.

C’est seulement en vous sacrifiant en tant que « moi », que vous pouvez atteindre l’amour.

L’amour est donc un détachement total de tout, qui permet de tout accueillir en soi, car tout est en soi.

C’est pourquoi les gens souffrent, car ils refusent des parties d’eux en eux.

Même si ce que je vais dire maintenant est déjà beaucoup plus profond il qu’il faut un grand silence pour le vivre, il faut savoir que vous n’êtes pas votre corps, mais un témoin, la source qui témoigne du rêve, du corps, et de tous les corps. On peut dire que Tous les corps apparaissent en Soi.

Ainsi, chaque fois que vous construisez un ego, un « moi » qui pense avoir le pouvoir de décider, alors qu’il n’existe pas, il se produit un attachement, et une croyance de « faire ». Du coup, si vous êtes amoureux et que l’on vous quitte, ce « moi » est irrité, déstabilisé, car il ne contrôle plus. Il se trouve que ce « moi » n’existe pas, sans quoi il contrôlerait. Bien sur, l’illusion produit son effet, même en tant qu’illusion. Ce n’est pas parce que l’on prend la corde pour un serpent et que ce n’est qu’une corde, que la peur n’est pas présente. Mais pourtant, le serpent n’est pas réel. L’attachement est comme le serpent. Vous ressentez quelque chose, parce que vous avez construit en vous un sentiment. Mais comme vous ne savez pas qui vous êtes, vous ne voyez pas que c’est vous qui l’avez construit. Alors vous souffrez en croyant que ce ne pas être autrement. C’est faux, vous êtes le créateur du sentiment. Cela est sans rapport avec l’autre.

Chaque être humain est unique et individuel. Vous n’êtes pas lié.
Il n’existe pas de deux en l’instant, tout est Un et tout est donc en vous, tout est vous.
Vous êtes rien et tout à la fois.

L’attachement ne permet pas d’aimer d’autres personnes, au contraire, il est ce qui rend l’amour impossible car il produit l’illusion du deux.

Seul le détachement, le fait d’être disponible et en paix au dedans de soi permet d’aimer ce qui est, donc notre prochain, comme il est.
Et je répète, aimer ne veut pas dire ne pas voir clair et ne pas voir chez l’autre le mal. C’est ne pas vouloir que le mal ne soit pas. Le mal existe, l’homme produit chaque jour le mensonge, le mal, et même celui qui se dit être bon et être sans attention aux autres car il souffre trop est dans le mal, car son ego ne lui permet pas d’être aimant des autres, mais plutôt d’être une victime.

Quand aux bons parleurs spirituels qui vendent du bien-être, de l’amour partout sur la planète, des câlins à tout va, ils ne font que désirer un monde qui n’existe pas et veulent rêver qu’ils vivent dans ce monde là. Ils sont d’autant plus dangereux.
Car si vous voulez vivre en paix et heureux, il vous faut au plus vite accueillir la réalité en y faisant face et non aller vers des vendeurs de rêves.

Le monde des hommes est horrible, souffrant et destructeur. Chacun ne pense qu’à lui et l’amour n’est pas.

Que chacun se regarde et voit si il est véritablement dans l’acceptation des choses, des autres, de la vie et sans désirs et peurs. Et qu’il se corrige si cela lui arrive. Alors, lorsque cela sera fait, oui, nous pourrons parler d’un monde d’amour.

En attendant, nous verrons encore des victimes demander de l’aide aux psychiatres, et autres aidants, qui ne font que confirmer l’existence d’un « moi » pourtant illusoire et maintenir des histoires sentimentales. Et quand aux nombreux gourous spirituels qui vendent du rêve, ils trouveront encore de nombreuses personnes pour venir croire à ce monde idéal, au lieu de regarder la réalité en face.

N’oubliez pas que l’amour est votre nature véritable, et que comme le disait Rûmî, le collier de diamant est autour de votre coup. N’allez pas le chercher dehors. Faites silence et voyez !
Mais en voyant, n’attendez pas à voir que du beau. La vie est belle oui, la nature magnifique, l’être humain une splendeur. La création Divine. Mais cela est englouti dans l’enfer du « moi ».

Il faudra apprendre à distinguer le vrai du faux et produire le coup de pied qui nous sortira de l’enfer pour atteindre le paradis. Tant que la volonté de vouloir l’amour, la foi, n’est pas là, rien ne changera. Il y a un sacrifice très grand à faire, mais pourtant, ce qui est à sacrifier est une illusion.
Mais elle est très fortement installée dans chacun de nous.

Je voulais terminer en disant que vous ne pouvez pas devenir ce que vous ne pratiquez pas chaque jour. Ainsi, en vivant dans un monde matérialiste, possessif, un monde ou l’on vous dit que vous êtes le corps et ce moi et que vous devez vous battre et gagner votre vie, vous continuerez à y croire et à être cela. Pour changer, il faut un certain temps être en compagnie de l’amour et de la paix, afin que vous puissiez voir les choses autrement. En faisant cela, c’est déjà très difficile d’échapper aux forces de l’enfer. Mais sans rien faire du tout, c’est impossible. »

Patrice Bailly